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Avec l'aimable autorisation de notre confrère Pierre Mathevet

Voyage en terre inconnue ! Dans les périodes de crise, de totale incertitude, chacun est confronté à l’inévitable tentation du repli sur soi. Car nous devons faire face à nos peurs, nos angoisses, nos colères, à toutes ces émotions qui naissent inévitablement en chacun de nous tous. Elles sont différentes chez chacun, à la fois dans leur expression et dans leur intensité, car elles font écho à nos croyances profondes, à nos valeurs personnelles. Ces émotions vont induire bien souvent inconsciemment des comportements qui peuvent polluer les relations interpersonnelles, provoquer des tensions passagères mais aussi des ruptures de confiance ou des conflits profonds.

La richesse de votre entreprise est constituée, bien sûr, de vos compétences, de votre plateau technique, de vos clients. Mais avant tout, cette richesse repose sur votre capital humain, tous vos collaborateurs, votre équipe. Car les études le montrent, les entreprises les plus performantes sont celles où l’ambiance de travail est la meilleure. Et paradoxalement les crises sont aussi des occasions de développer l’esprit d’équipe, la capacité à s’entraider. Les grandes équipes naissent souvent dans les difficultés ou dans des défaites, provoquant introspection, remise en cause et instants propices au recentrage sur l’essentiel.

Alors comment développer ce capital aujourd’hui ?

  • Prendre conscience en tant que dirigeant de vos propres peurs, de vos propres interrogations, et évitez plus que jamais d’être contagieux. Car la peur se propage facilement au sein de vos équipes. Les neurones miroir de vos collaborateurs vont se délecter. Donc bien intégrer que les peurs ne sont « que » nos représentations mentales, et 9 peurs sur 10 ne sont que le fruit de notre propre imagination. Elles sont positives si nous les gérons car elles nous poussent à l’action, à trouver des solutions. Si vous vous laissez submerger par elles, vous allez augmenter l’entropie de l’équipe
  • Ecouter les peurs de vos collaborateurs en devenant des réceptacles. Pouvoir exprimer ce que l’on ressent est un élément majeur et est déjà le commencement de la thérapie. Après chaque catastrophe, les psychologues sont là pour écouter et poussent les victimes à décrire, verbaliser ce qu’ils ont vécu, partager leurs ressentis. Cela oblige les dirigeants à être disponibles pour chacun de leurs équipiers, dans un environnement de totale sécurité pour libérer la parole ! Cela passe, par exemple, par un rendez-vous individualisé (physique ou vidéo) pour leur poser les questions: « Dans quel état émotionnel êtes-vous ? » « Qu’est-ce qui vous fait le plus peur aujourd’hui dans la situation ? » « De quoi avez-vous besoin pour aller mieux ? » « Comment imaginez-vous les prochains mois ? ». Il est possible aussi dans les équipes matures, de le faire lors d’une réunion spécifique où chacun est invité à mettre par écrit et à partager les questions qu’ils se posent sans aucun tabou ni jugement de personne.
  • Communiquer de manière bienveillante et authentique. Ecouter est une première étape indispensable, montrer que vous avez entendu est encore plus important. Cela passe donc par la communication en reprenant les problèmes soulevés et en apportant les réponses soit à titre personnel soit collectivement. Donc communiquer, communiquer et communiquer encore, sur tous les sujets évoqués par l’équipe pour générer de la rassurance.
  • Communiquer sincèrement et authentiquement. Attention de ne pas adopter une positive attitude de façade, qui aurait plutôt pour effet de briser la confiance de votre équipe. Donc surtout ne pas s’engager sur des points qui ne dépendent pas vous, rester strictement factuel. Ainsi dire très clairement que vous ne savez pas est déjà une communication rassurante. Ajouter alors que « vous allez être donc extrêmement attentif à ce point et que vous leur communiquerez des éléments dès que vous les aurez. »
  • Développer le lien en jouant sur le sentiment d’appartenance, même s’il peut être compliqué par l’éloignement de certains collaborateurs, en respectant l’éventuel refus de l’un ou deux d’entre eux : groupe WhatsApp fermé ou autre réseau social pour échanger même du non professionnel et de l’humoristique, faire des vidéoconférences pour que tout le monde se voit, partager les retours positifs des clients, donner des nouvelles des animaux en suivi, offrir un petit cadeau logoté de la clinique à chacun,  …. Le collectif rassure !
  • Augmenter encore les signes de reconnaissance verbaux, les moments conviviaux (en toute sécurité sanitaire bien sûr), les célébrations des réussites techniques, les bonnes nouvelles.

Prenez soin de vos collaborateurs « en temps de guerre », ils vous le rendront largement quand la paix et la sérénité seront revenues. Et vu l’inévitable effet rebond positif post crise, vous en aurez probablement bien besoin.

  1. MATHEVET

www.TIRSEV.fr

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